
Nos boucliers lors des entraînements
Avec le printemps revient le beau temps, et on peut aussi observer Viviskes sortir de sa torpeur hivernale et recommencer les entrainements. Pour préparer cette reprise et profiter du temps libre que l’hiver nous apportait, nous avons effectué une remise à neuf de notre armement défensif. Nous avons profité des connaissances de Guillaume Reich, chercheur au Laténium, pour réaliser une séance de peinture sur boucliers lors d’un week-end de rencontre entre reconstituteurs celtes et romains organisé début mars.
Pour que les peintures reconstituées se rapprochent le plus possible de celles qui ornaient les boucliers des guerriers de la Tène, celles-ci ont été réalisées avec une base de lait caillé à laquelle sont ajoutés, selon les envies de chacun, divers colorants attestés par les découvertes archéologiques et/ou par les textes. Il faut néanmoins se méfier avec l’interprétation de ces derniers, car les auteurs grecs ou latins ne sont jamais très objectifs en parlant des Galli ou des Keltoi.
Parmi ces colorants, citons l’ocre jaune, ou rouge, qui donne des couleurs vives à la peinture, mais on peut également réaliser du vert ou du noir. Une des couleurs les plus prestigieuses est sans doute le bleu d’Egypte, car pour obtenir celui-ci il est nécessaire d’importer des pigments depuis le sud de la Méditerranée. En porter sur son bouclier est donc un grand signe de prestige et de richesse.
Pour ce qui est des motifs, ils sont très variés, mais malheureusement l’archéologie n’a jamais retrouvé de boucliers peints, les conditions de conservation ne le permettant pas. Nous avons donc dû prendre diverses sources d’inspiration pour réaliser des dessins au plus proche de la réalité antique. Celles-ci sont tirées de l’iconographie de monuments, on peut citer par exemple l’arc d’Orange, datant d’entre 20 et 30 après J.-C., mais surtout de la céramique ou de la numismatique. On ne peut certes pas prouver que les mêmes motifs étaient utilisés, ce sont néanmoins les meilleures sources qu’il est possible de trouver en l’état actuel de nos connaissances.
Comme il est possible de le constater sur les images, les nouveaux boucliers ont été réalisés avec un système à spina, la pièce renforçant le centre du bouclier. Ce système est le plus courant lors la période celtique que nous avons choisi de représenter, même si les systèmes à umbos ronds font leur apparition. Ces spinas sont renforcées par des umbos rectangulaires rivetés au bouclier afin de protéger la main du guerrier de coups qui transperceraient le bouclier.
Armés de ces nouvelles pièces pimpantes, nous sommes donc parés pour la nouvelle saison qui sera riche en divers festivals, animations et autres activités, et nous nous réjouissons de vous retrouver lors de notre prochaine apparition publique aux fêtes du forum de Martigny !

Le fameux arc d’Orange
Photos par Laurène Glardon